Page-crabe.net a démarré sa vie hors ligne en 2006, le projet a été mis en ligne à partir de 2007, et il continue à muer (page-crabe 1, page-crabe 2).
Ses auteurs sont Camille Gasnier et Julie Lanaspre.
Page-crabe.net est un site web qui s'inscrit dans le courant du web art.
Nous abordons le web comme un terrain d'expérimentation.
Page-crabe est un lieu quelque part sur le web que nous aménageons.
Le site se construit en page. On peut distinguer plusieurs genres de page : des pages de création web, des pages où nous citons d'autres auteurs dont nous partageons la pensée. Certaines pages sont des collaborations, des dons, des contributions d'autres personnes pour page-crabe.
On peut trouver les auteurs dans les codes sources des pages.
Pourquoi ne faisons nous pas apparaître bien visiblement les auteurs des pages?
Parce qu'on ne le veut pas.
Pour citer NEEN, leur manifeste, dont je partage cette pensée : " While in contemporary art you need to be yourself all the time, a certain type of "hero" who is polishing always his image until he becomes a mirror of his lifetime, in Neen, you are a kind of "screen." "
Et puis parce que cela devient difficile quand on a pillé un code à un endroit, qu'on a récupéré des images absolument pas libres de droit à un autre, quand on s'est inspiré d'une présentation croisée ailleurs, quand la page s'est modifiée après le passage de tel ou tel ami, quand on diffuse du son emprunté sans autorisation, quand on site tout crûment un écrivain, quand le copié/collé devient une règle de création, quand on travaille à plusieurs par plaisir...et bien d'autres.
Ces pratiques nous confortent donc dans l'idée que la pensée circule, qu'il y a des auteurs, mais que les idées, paranoïaques et capitalistes, de propriété ou de droit d'auteur deviennent mauvaises quand elles entravent cette circulation, et deviennent absurdes sur le web.
Page-crabe.net est donc une plate-forme de création.
Nous réfléchissons, lorsque nous publions un nouveau contenu, à ce qui est propre au web, son esthétique, ses usages, ses modalités. Nous inventons une mise en page web pour des contenus qui proviennent de l'extérieur. Et nous créons d'autres pages directement avec les outils du web. Page-crabe.net développe sa propre économie de moyens et son propre langage.
La navigation s'effectue avec des chevrons de balise : < ou >
Ces symboles connotent l'idée d'une lecture, d'une direction, d'un parcours. Ils sont un clin d'oeil aux balises qui jalonnent
le code qui sert à l'affichage des pages en langage html. Ces chevrons font les liens entre chaque page. Effectivement le site forme une boucle. On entre dans cette boucle par la page orange liminaire, cette page orange propose d'entrer aléatoirement en trois endroits dans la boucle. Ces trois pages d'entrée sont respectivement la plage web, Cloclo fighting the law et V13GA LR41. Les pages ont des titres que l'on trouve en haut des pages au dessus de la barre d'adresse.
Page-crabe.net propose d'emporter l'internaute sur le territoire du web. De la même manière que le World Wide Web contient une variété gigantesque de contenus sémantiques, de types de documents, d'explications, d'histoires, de photos de familles, page-crabe reprend à son compte cette variété lexicale pour construire son monde.
Nous envisageons l'hyperlien comme la qualité (à comprendre comme antonyme de défaut) du web. Nous trouvons fantastique cette possibilité de tout relier. Nous voulons la mettre en pratique. Le site s'appelle page-crabe : page indique son organisation formelle et crabe son organisation sémantique. Dit autrement, nous avons adopté l'image du crabe pour qualifier internet à cause du déplacement latéral de l'animal. Nous trouvons que la navigation sur le WWW est analogue au mouvements de côté du crabe. On ne s'enfonce pas dans le web, on le parcourt, en
se déplaçant d'une référence à une autre, en opérant un léger déplacement lexical qui peut nous faire dériver très loin. Nous voulons faire se rejoindre des choses qui dans la vie ne se trouvent pas au même endroit ou n'existe pas simultanément.
Enfin nous aimons le web aussi comme espace de diffusion, visible partout, par tous ; le web est un média ouvert, nous défendons cette position car nous regretterions qu'il devienne inaccessible comme l'est devenue la télévision. Nous aimons le web car il est populaire.
Nous préférons la jungle du web à l'aridité honorifique du white cube.
Page-crabe promet de grossir avec allégresse.